Les feux de forêt

Les feux de forêt représentent la perturbation naturelle qui cause le plus de dommages à la forêt boréale. Après un incendie forestier, des milliers d’hectares de forêt sont détruits. Par exemple, en 1995, il y a eu 518 feux de forêt au Québec qui ont brûlé plus de 195 000 hectares de forêt. Pour te donner une idée, 195 000 hectares ça représente environ deux fois la superficie du lac Saint-Jean.

Qu’est-ce qui cause les feux de forêt?

Les feux de forêt peuvent être allumés par l’être humain. D'ailleurs, la majorité des feux de la forêt boréale sont allumés par l’être humain. Dans ce cas-ci, on parle de perturbations humaines causées par un accident ou une imprudence. Un feu de camp mal éteint, un mégot de cigarette jeté par terre ou un feu de camp allumé durant une période interdite comptent parmi les négligences humaines. Pour éviter ce genre d'incendie malheureux, une seule consigne est de mise : la prudence en forêt!

Les feux naturels sont allumés par la foudre. S’il y a un orage en forêt et que la foudre frappe un arbre, le feu s’allume presque toujours. L’énergie dégagée par l’éclair est assez puissante pour produire des flammes. Si le feu s’allume durant une période sèche de l’été, il peut s’étendre rapidement, surtout si le vent se met de la partie. Au Québec, la majorité des feux de forêt causés par la foudre se produisent durant les mois de juin et juillet.

Un conifère «dans le feu de l’action»

La forêt boréale est un écosystème bien particulier parce que certains arbres tolèrent les feux de forêt. Il y a même un conifère qui a absolument besoin du feu pour se reproduire. Cet arbre particulier, c’est le pin gris.

Sur les branches du pin gris, il y a des cônes qu’on appelle aussi «cocottes». À l’intérieur des cônes, on retrouve des dizaines de petites graines. C’est grâce à ces graines que le pins gris se reproduit. Lorsque les graines tombent par terre, elles germent comme les graines de carotte qu’on sème dans un jardin.

Mais pour que les graines du pin gris tombent sur le sol, les cônes doivent s’ouvrir. Pour que les cônes puissent s’ouvrir et relâcher leurs graines, ça prend une température très chaude. Dans la forêt boréale, il n’y a que le feu pour produire une telle chaleur. Ce qui est surprenant, c’est que les graines du pin gris résistent aux flammes du feu.

 

Lorsqu’un feu brûle une forêt de pins gris, la chaleur des flammes fait éclater les cônes, un peu comme du «pop-corn» qui chauffe au micro-ondes. Les graines tombent ensuite sur le sol et vont germer. Deux ou trois ans après le passage du feu, la forêt brûlée est remplie de nouveaux petits pins gris qui vont remplacer ceux qui ont été détruits par le feu. L’écosystème retrouve donc son équilibre.

Pour cette raison, on peut dire que le pin gris est un conifère «dans le feu de l’action»!